Taches noires, peinture qui se décolle, odeur de renfermé ou buée persistante sur les fenêtres : les signes d’humidité sont fréquents dans les logements. En Vendée, l’influence océanique, les périodes pluvieuses et l’exposition au vent peuvent accentuer certains problèmes, notamment dans les maisons anciennes ou les résidences peu occupées.
Mais toutes les traces d’humidité n’ont pas la même origine. Installer une VMC ne réparera pas une fuite de toiture, tout comme repeindre un mur ne stoppera pas une remontée d’eau depuis le sol.
La première étape consiste donc à identifier la cause avant de choisir le traitement.
Pourquoi faut-il agir rapidement ?
L’humidité peut progressivement dégrader :
- les peintures et les enduits ;
- les papiers peints ;
- les isolants ;
- les revêtements de sol ;
- les éléments en bois ;
- les équipements métalliques ;
- la maçonnerie ;
- la qualité de l’air intérieur.
Les moisissures ne représentent pas uniquement un problème esthétique. L’Anses confirme l’existence d’effets sur la santé respiratoire liés à l’exposition aux moisissures, notamment pour les personnes asthmatiques, allergiques ou fragiles. Les recommandations sont consultables sur le site de l’Anses.
Il est donc important de nettoyer les premières traces, mais surtout d’en rechercher l’origine afin qu’elles ne réapparaissent pas.
Cause nº 1 : la condensation
La condensation se produit lorsque l’humidité contenue dans l’air rencontre une surface suffisamment froide. La vapeur d’eau se transforme alors en fines gouttelettes.
Elle apparaît souvent :
- sur les vitres ;
- autour des fenêtres ;
- dans les angles des murs ;
- au plafond de la salle de bain ;
- derrière une armoire placée contre un mur extérieur ;
- dans une chambre peu chauffée ;
- sur les ponts thermiques.
Le problème est généralement plus visible en automne et en hiver. Les occupants produisent naturellement de l’humidité en respirant, en cuisinant, en prenant une douche, en faisant sécher du linge ou en utilisant certains appareils.
Comment reconnaître la condensation ?
Plusieurs indices peuvent vous orienter :
- la buée apparaît régulièrement sur les fenêtres ;
- les moisissures sont surtout présentes dans les angles ;
- les traces se développent derrière les meubles ;
- le problème augmente lorsque les fenêtres restent fermées ;
- la salle de bain reste humide longtemps après son utilisation ;
- aucune infiltration précise n’est visible après la pluie.
Un hygromètre permet de surveiller l’humidité relative de l’air. Une valeur située autour de 40 à 60 % constitue généralement un bon repère dans un logement occupé. Une mesure isolée ne suffit toutefois pas à établir un diagnostic : observez son évolution sur plusieurs jours et dans différentes pièces.
Comment traiter la condensation ?
Commencez par vérifier le renouvellement de l’air :
- nettoyez les bouches d’extraction ;
- vérifiez que la VMC fonctionne ;
- ne bouchez pas les entrées d’air ;
- laissez l’air circuler sous les portes intérieures ;
- aérez après une douche ou la cuisson ;
- évitez de faire sécher beaucoup de linge dans une pièce fermée ;
- éloignez légèrement les gros meubles des murs froids ;
- maintenez une température suffisamment régulière.
L’Ademe recommande d’aérer régulièrement et de conserver un véritable système de ventilation pour évacuer l’humidité produite dans le logement. Ouvrir les fenêtres quelques minutes aide à renouveler l’air, mais ne remplace pas une ventilation mécanique fonctionnant en continu. Les conseils officiels sont disponibles sur Agir pour la transition écologique.
Le conseil ArtiMatch : si les moisissures réapparaissent malgré une ventilation fonctionnelle, faites rechercher les ponts thermiques et les défauts d’isolation. Une paroi très froide peut continuer à condenser même si le logement est régulièrement aéré.
Cause nº 2 : une infiltration extérieure
Une infiltration apparaît lorsque l’eau de pluie pénètre dans le bâtiment à travers la toiture, une façade, une fenêtre ou un raccord défectueux.
Les signes les plus fréquents sont :
- une auréole au plafond ;
- une tache localisée sur un mur ;
- une trace qui s’agrandit après la pluie ;
- un enduit extérieur fissuré ;
- une humidité autour d’une fenêtre ;
- un isolant mouillé dans les combles ;
- une odeur humide dans une zone précise.
En Vendée, les pluies accompagnées de vent peuvent pousser l’eau sous des éléments de couverture ou contre des façades particulièrement exposées.
Les points à contrôler
Faites vérifier :
- les tuiles ou les ardoises ;
- les solins autour des cheminées ;
- les raccords de toiture ;
- les gouttières et descentes d’eau ;
- les fissures de façade ;
- les joints autour des fenêtres ;
- les appuis et seuils ;
- l’étanchéité d’une terrasse ;
- les évacuations d’eau de pluie.
Il faut réparer l’entrée d’eau avant de refaire l’enduit, la peinture ou l’isolation. Une fois la fuite supprimée, le mur peut nécessiter plusieurs semaines ou plusieurs mois pour sécher complètement selon son épaisseur et les matériaux.
Repeindre trop tôt risque d’emprisonner l’humidité et de provoquer un nouveau décollement.
Cause nº 3 : les remontées capillaires
Les remontées capillaires concernent principalement les murs en contact avec le sol. L’eau présente dans le terrain remonte progressivement à travers les matériaux poreux.
Elles se reconnaissent souvent à :
- des traces situées dans la partie basse du mur ;
- une peinture qui s’écaille près du sol ;
- un enduit qui devient poudreux ;
- des dépôts blanchâtres ;
- des plinthes endommagées ;
- une humidité présente au rez-de-chaussée ou dans une cave ;
- une hauteur de dégradation relativement régulière.
Cependant, une fuite de canalisation, un niveau de terrain extérieur trop élevé ou une mauvaise évacuation des eaux peuvent produire des symptômes similaires.
Quel traitement choisir ?
Le traitement dépend de la construction, de la nature du mur, du terrain et de la circulation de l’eau.
Les solutions possibles peuvent comprendre :
- l’amélioration de l’évacuation des eaux autour du bâtiment ;
- la correction des niveaux extérieurs ;
- un drainage lorsque celui-ci est techniquement adapté ;
- la création ou la restauration d’une coupure de capillarité ;
- l’injection d’un produit spécifique dans certaines maçonneries ;
- la reprise d’enduits dégradés avec des matériaux compatibles.
Les injections ne constituent pas une solution universelle. Elles peuvent être inefficaces si la cause a été mal identifiée ou si la maçonnerie ne permet pas une diffusion correcte du produit.
Le conseil ArtiMatch : méfiez-vous des diagnostics réalisés uniquement à partir d’une photographie ou d’un appel téléphonique. Un professionnel sérieux doit observer les murs, leur composition, les niveaux extérieurs et l’environnement du bâtiment avant de proposer un traitement coûteux.
Cause nº 4 : une fuite de plomberie
Une fuite peut être visible, mais elle peut aussi se produire dans une canalisation encastrée, sous une douche ou derrière un équipement sanitaire.
Quelques signes doivent vous alerter :
- le compteur d’eau continue de tourner alors que tous les robinets sont fermés ;
- une zone reste humide quelle que soit la météo ;
- la consommation d’eau augmente anormalement ;
- un sol se déforme ;
- une cloison devient molle ;
- une odeur apparaît près d’une salle de bain ;
- le plafond situé sous une pièce d’eau se tache.
Fermez tous les points d’eau et observez le compteur. S’il continue de tourner, contactez rapidement un plombier. Une recherche de fuite peut être nécessaire avant d’ouvrir les murs ou le sol.
Prévenez également votre assurance habitation dans les délais prévus par votre contrat et prenez des photographies avant les réparations.
Cause nº 5 : un terrain ou des eaux pluviales mal gérés
L’humidité peut aussi venir de l’extérieur sans traverser directement la toiture.
Observez les abords de la maison :
- le terrain descend-il vers les murs ?
- une terrasse renvoie-t-elle l’eau vers la façade ?
- une descente de gouttière se vide-t-elle au pied du bâtiment ?
- les regards sont-ils bouchés ?
- la terre ou un massif recouvrent-ils le bas du mur ?
- de l’eau stagne-t-elle après la pluie ?
- la cave est-elle située sous le niveau du terrain ?
Corriger une pente, nettoyer une évacuation ou éloigner une descente d’eau peut parfois résoudre une partie du problème sans engager un traitement lourd à l’intérieur.
Toutefois, un drainage mal conçu peut déplacer l’eau vers une autre partie du bâtiment ou fragiliser certaines fondations. Faites étudier la solution avant de creuser autour d’une maison ancienne.
Le déshumidificateur est-il une solution ?
Un déshumidificateur peut être utile pour :
- accélérer le séchage après un dégât des eaux ;
- réduire temporairement l’humidité d’une pièce ;
- améliorer le confort d’une résidence peu occupée ;
- accompagner une phase de travaux.
Il ne traite cependant pas la cause du problème. S’il fonctionne quotidiennement alors qu’une fuite ou une infiltration continue, il ne fera que récupérer une partie de l’eau qui entre dans le logement.
Utilisez-le comme un outil temporaire ou complémentaire, et non comme un remplacement de la réparation ou de la ventilation.
Comment nettoyer les moisissures ?
Pour une petite zone superficielle, commencez par protéger vos mains, vos yeux et vos voies respiratoires. Aérez la pièce et évitez de disperser les spores en brossant le mur à sec.
Utilisez un produit adapté au support et suivez précisément les consignes du fabricant. Ne mélangez jamais différents produits ménagers, notamment l’eau de Javel avec un produit acide ou contenant de l’ammoniaque : certaines associations peuvent produire des gaz dangereux.
Si la zone est étendue, si les moisissures reviennent rapidement, si les matériaux sont fortement dégradés ou si une personne fragile occupe le logement, faites intervenir un professionnel.
Le nettoyage doit toujours être suivi du traitement de la cause. Sans cela, les moisissures finiront probablement par réapparaître.
Les erreurs les plus fréquentes
Repeindre sans réparer
Une peinture dite anti-humidité peut améliorer temporairement l’aspect du mur, mais elle ne stoppe pas une infiltration ou une remontée capillaire.
Boucher les entrées d’air
Les entrées d’air peuvent donner une sensation de courant d’air, mais les condamner perturbe le fonctionnement de la ventilation et favorise la condensation.
Arrêter complètement la VMC
Une VMC est normalement conçue pour fonctionner en continu. L’arrêter pendant plusieurs jours permet à l’humidité et aux polluants de s’accumuler.
Poser un nouvel isolant sur un mur humide
L’humidité doit être diagnostiquée et traitée avant d’isoler. Sinon, le problème peut continuer derrière le doublage sans être visible.
Accepter un traitement unique pour toutes les situations
Il n’existe pas un produit capable de résoudre toutes les formes d’humidité. La bonne solution dépend toujours de la cause.
Quel professionnel contacter ?
Selon le problème identifié, vous pouvez faire appel à :
- un couvreur pour la toiture ;
- un façadier pour les murs extérieurs ;
- un menuisier pour les ouvertures ;
- un plombier pour une fuite ;
- un électricien ou un spécialiste de la ventilation pour la VMC ;
- un maçon pour les problèmes liés aux murs ou au terrain ;
- un professionnel spécialisé dans le diagnostic de l’humidité.
Demandez un diagnostic écrit indiquant la cause supposée, les mesures réalisées, les travaux proposés et leurs limites.
Comparez plusieurs avis avant d’accepter une intervention importante. Vérifiez également que l’entreprise possède les assurances correspondant exactement aux travaux réalisés.
La checklist pour identifier l’origine
Avant de lancer les travaux :
- photographiez les traces ;
- notez les périodes où elles apparaissent ;
- observez leur évolution après la pluie ;
- mesurez l’humidité de l’air avec un hygromètre ;
- contrôlez le compteur d’eau ;
- vérifiez la VMC et les entrées d’air ;
- examinez les gouttières et les façades ;
- inspectez les combles ;
- observez les niveaux du terrain ;
- demandez plusieurs diagnostics si le traitement est coûteux.
En résumé
Pour traiter durablement l’humidité, il faut d’abord comprendre d’où vient l’eau.
La condensation nécessite généralement une meilleure ventilation, un chauffage plus régulier et parfois une amélioration de l’isolation. Une infiltration demande une réparation de la toiture, de la façade ou des ouvertures. Les remontées capillaires nécessitent une étude de la maçonnerie et du terrain. Une fuite de plomberie doit être localisée et réparée rapidement.
Le bon réflexe consiste à éviter les solutions toutes faites. Un diagnostic sérieux, suivi d’un traitement adapté à la cause, protégera durablement le logement et la santé de ses occupants.